|
présentation
|
|
 |
 L'observatoire n°33
Europe : La liberté en répétition
SAEZ JEAN-PIERRE, DE VLIEG MARY ANN
L'Europe de la culture se construit à la fois à travers l'initiative des acteurs et les pratiques d'échanges stimulées par les réseaux culturels européens. L'IETM, réseau international des arts du spectacle, fait partie des réseaux historiques qui, à partir des années 80, ont marqué la construction d'une société civile européenne de la culture. Lui-même investi auprès des réseaux européens, l'Observatoire des politiques culturelles a toujours été attentif à ce travail de fond entrepris par ces acteurs de la construction européenne par la culture.
L'Europe de la culture se construit à la fois à travers l'initiative des acteurs et les pratiques d'échanges stimulées par les réseaux culturels européens. L'IETM, réseau international des arts du spectacle, fait partie des réseaux historiques qui, à partir des années 80, ont marqué la construction d'une société civile européenne de la culture. Lui-même investi auprès des réseaux européens, l'Observatoire des politiques culturelles a toujours été attentif à ce travail de fond entrepris par ces acteurs de la construction européenne par la culture.
Ce dossier présenté autour de « la liberté en répétition » est le fruit d'un désir de coopération partagée et de mise en débat d'une réflexion de fond sur l'importance de la culture dans la construction de l'Europe, le développement des sociétés démocratiques, l'amélioration de notre capacité à vivre ensemble et la promotion du dialogue interculturel.
« La liberté en répétition » est le thème de l'Assemblée Plénière de Printemps de l'IETM co-organisé avec Bunker Productions et d'autres structures culturelles telles que Maska Productions qui se tiendra du 15 au 18 mai 2008.
L'IETM rassemble habituellement quelque 600 professionnels du secteur : programmateurs/trices, directeurs/trices de festivals, de centres d'art ou de théâtres, de compagnies de théâtre ou de danse, producteurs/trices indépendant(e)s, autorités locales, instituts culturels et ministères…
C'est la première fois, depuis 1992, que l'IETM organise son assemblée en Slovénie. Seize ans : comment le secteur des arts contemporains a-t-il changé depuis ? Presque vingt ans depuis la chute du Mur de Berlin : quels changements peut-on observer concernant les conditions dans lesquelles les artistes exercent leur droit à la liberté d'expression… à l'Est ? … à l'Ouest ? … dans le monde entier ?
Alors que, bien avant 1989, l'IETM commençait à tisser des liens avec des collègues du Centre, de l'Est et du Sud-Est de l'Europe, la plupart d'entre nous continuaient à croire aux idées des Lumières : le progrès continu de l'humanité (la civilisation ?) vers de meilleures conditions. En 1989, le secteur culturel était optimiste – la chute du Mur semblait augurer des changements positifs ; nous, à l'Ouest nous mettrions en réseau avec nos collègues de l'Est et un prétendu « level playing field » (terrain d'égalité) émergerait au fur et à mesure que leurs économies se développeraient, que leurs infrastructures se moderniseraient, et que le secteur indépendant deviendrait plus solide et plus soutenu par des politiques et des fonds publics.
Au cours des dernières années, même les plus optimistes d'entre nous ont dû admettre qu'il s'agit plus d'une lutte constante que d'un progrès continu. Peut-être seule une citation comme « il faut allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté » de Gramsci peut nous encourager à aller de l'avant.
Les situations à l'Est et à l'Ouest de l'Europe ne se sont pas égalisées, ainsi que l'on peut le voir dans les rapports annuels de l'Observatoire de Budapest ; pour les indépendants, ni les fonds publics ni les fonds privés n'ont augmenté comme attendu, et en fait, les arguments de politiques publiques à l'endroit des arts du spectacle à l'Ouest se sont dégradés jusqu'à un point jamais vu d'« instrumentalisation ». Espérons que les vents tournent et que la prochaine étape du discours public sur les arts portera davantage sur des valeurs intrinsèques que sur leur capacité de régénération urbaine, de lien social, et de médiation inter-religions ou interculturelle (cf. James Purnell, récent Ministre de Culture, des Medias et des Sports du Royaume-Uni).
Cependant, la promesse de 1989 n'était pas l'art, c'était la liberté.
Dans notre monde numérique, de plus en plus caractérisé, ainsi que Rob van Kranenburg le dit, par l'omniprésence de l'informatique à quel point sommes-nous libres ? Les sites web et les courriels nous hameçonnent avec des lignes de pêche virtuelles pour suivre notre comportement. Nos habitudes de consommation sont observées, analysées et vendues. Nos empreintes digitales (si ce n'est l'ensemble de nos données bio-métriques) sont disponibles à chaque frontière nationale. Des profils pré-formatés nous attendent dans chaque campagne politique, publicité ou machine pré-programmée… Quel est le libre environnement du libre individu ?
À quoi pouvons-nous aujourd'hui prétendre quant à l'art actuel et ses liens avec la liberté ? En tant que sujet et objet, nous devons trouver des moyens de préserver l'espace public en tant que lieu d'échange libre et ouvert, malgré les subtiles – cachées ou manifestes –manipulations du processus politique et des économies néolibérales à l'ère d'Internet. Nous espérons que les auteurs choisis pour cette publication soulèveront les bonnes questions, identifieront les meilleurs partenaires, et focaliseront sur les questions les plus cruciales…
Utilisez le moteur de recherche ci-dessous pour rechercher un article dans les numéros de l'observatoire.
|
 |
|