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Coopérer : une transformation culturelle des organisations du travail avec les outils et les utopies numériques 13 janvier 2019

Coopérer : une transformation culturelle des organisations du travail avec les outils et les utopies numériques


Par Emmanuel Vergès, directeur de l’Office

Un nouvel outil de production des savoirs et des cultures

Les bases des outils numériques – ordinateur, PC et réseau Internet - ont été conçues à partir des utopies de libération, au croisement de trois mondes : les chercheurs, les hippies et les entrepreneurs. Libération de la circulation des informations pour dépasser l'entropie humaine, libération économique pour « entreprendre sans entrave », libération politique des modèles patriarcaux de l'Amérique des années 60, libération culturelle et sociale de l’individu qui va pouvoir « jouir sans entrave ». Ainsi, Internet et l'informatique personnelle apparaissent au moment du « summer of love » (Cf. Fred Turner, Philippe Breton).

Ces trois groupes d’acteurs contribuent à concevoir un outil qui va permettre de « mettre l'intelligence dans les périphéries » (L.Lessig, Dominique Cardon). Chaque point du réseau Internet contient les moyens de transmettre l'information qu'il reçoit sans en référer à un dispositif central. L'information et la communication se font de proche en proche. En outre, les outils de développement de l’Internet, les normes et les standards sont accessibles et ouverts : c’est-à-dire qu'ils peuvent être améliorés par tout un chacun. Ainsi, ils permettent aux utilisateurs de « devenir auteur » (JL. Weissberg). Un Personnal Computer est conçu comme un outil autonome de production et de traitement d'informations numérisées. Il devient rapidement un « outil à tout faire » élargissant le « champ des possibles », dans un contexte marqué par l'ouverture des données et la création de communautés apprenantes.

Après le passage de l'oral à l'écrit, après l'industrialisation de la copie avec l’imprimerie, la révolution numérique est une révolution des organisations de la production. Cette révolution est avant tout culturelle : elle vient outiller les organisations, leur permettant de devenir des écosystèmes. Or, agir dans un écosystème n'est pas la même chose que faire fonctionner un système.


Qu’est-ce que cela transforme ?

Ces évolutions dessinent un outil de production d'informations, de savoirs mais aussi de culture, qui s'affranchit des centres, des hiérarchies établies, des processus de prescriptions traditionnels et des intermédiaires institués : l'école, le journal, l'université, l'Etat …

On passe ainsi de systèmes pyramidaux organisés autour d'une hiérarchisation et d'une division des compétences pour définir, objectiver, planifier et contrôler les tâches, à des systèmes partagés et distribués basant leur développement sur l'ajustement permanent d’acteurs agissant ensemble dans un sens commun. C'est le passage des organisations construites à partir du « comment » aux organisations agencées autour d’un « pourquoi ».

Il ne s’agit pas uniquement d'un passage du vertical à l’horizontal (au sein d’un écosystème, on trouve aussi des « chaînes de relations », comme la chaîne alimentaire par exemple). Ces dynamiques d'organisations mettent au cœur de leur fonctionnement les principes suivants : la distribution de l'autorité pour que chaque point soit autonome et « intelligent » ; le fonctionnement par feed-back et ajustement permanent pour maintenir un équilibre en mouvement et répondre à l'incertitude du changement ; et enfin une ouverture et un accès transparent aux processus et aux informations pour garantir les processus d'apprentissage.

Ces dispositifs sont agiles, coopératifs et libres. Ils fonctionnement selon une intelligence collective basée sur la confiance des individus. Ils permettent, face à la division de l'activité et sa hiérarchisation, une capacitation collective des individus : les conduire, en conscience et en discernement, à se donner les capacités d’agir et à évaluer ensemble leurs capacités à agir. L'activité n'organise plus la répartition du pouvoir mais permet de déployer un « pouvoir d'agir ».


Appréhender ces transformations : des principes et des méthodes qui s'élaborent dans le temps long

On retrouve ces transformations dans les principes des coopératives et des entreprises libérées, dans les méthodes de projets centrées sur les usagers ou les méthodes agiles en informatique, dans les techniques de gestion par consentement ou encore dans l’approche relevant de la sociocratie dans des fermes agro-écologiques. Elles recoupent les processus de l'éducation permanente, les principes des cultures libres ou les réflexions sur les « communs ».

Ces principes et dynamiques ne sont pas nouveaux. Ils s’inscrivent dans un processus long engagé en plusieurs phases dès le début du 19ème siècle (voire avant pour les communs) depuis les débuts de l'éducation populaire et des mouvements coopératifs (Cf. J. Rancière, E. Ostrum) jusqu'aux outils numériques évoqués plus hauts (Cf. Stewart Brand) en passant par la sociocratie de Gerard Endenburg.


Faire œuvre commune

Ces différents principes et dynamiques convergent vers la notion de « coopération », entendue comme l’action de « faire œuvre ensemble ». En ce sens, le terme coopérer est à distinguer du terme collaborer (travailler ensemble) ou encore coproduire (produire ensemble). L'analyse conduit à proposer une approche culturelle de la coopération en proposant, dans le contexte actuel, une interprétation et un outillage. La coopération semble ainsi viser à une transformation même de la gouvernance pour que la capacitation s'applique tout à la fois à l’élaboration de la vision et de l’intention du travail, à la direction et à la production du sens du travail. Deux forces complémentaires sont en jeu dans ces processus : celle de l'émancipation et celle de la transformation sociale, plus ou moins associées en fonction des contextes. Le degré d’association de ces deux éléments déterminera le degré de coopération possible. Plus ils sont associés, plus la coopération sera potentiellement importante.

Propos tenus dans le cadre de séminaire Pour une nouvelle dynamique de coopération dans le secteur culturel nantais, 30 novembre et 1er décembre 2017, Nantes