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#10 La Newsletter de l'OPC 16 juin 2020

#10 La Newsletter de l'OPC



L’OPC sélectionne et éditorialise des informations sur les arts, la culture, la société et les politiques publiques. Pour y voir plus clair dans le bruissement des politiques culturelles. N’hésitez pas à nous écrire à cette adresse.


Observatoire de l'info


Alors qu’un sondage BVA souligne que les Français ne sont pas pressés de retourner au cinéma ou au spectacle, Michel Guerrin pose la question « comment inciter le public à revenir ? » « Pour la plupart des gens, […] la culture n’est ni utilitaire ni vitale mais un plaisir qui tutoie le loisir ». Une vision confirmée par l’État : « par le biais d’un décret paru le 1er juin : un cinéma ou un théâtre devront garder vide un siège sur deux alors qu’un train pourra être plein ». Une tribune portée par un collectif d’artistes fustige le 2 poids, 2 mesures : pourquoi impose-t-on une distanciation sociale stricte au spectacle vivant et autorise-t-on la promiscuité dans les transports ? La FEDELIMA et le SMA et de son côté le PRODISS réclament, quant à eux, une reprise de la diffusion et des spectacles en revenant à la norme usuelle.

« Un semi déconfinement ne suffit pas pour la culture. Nous ne pourrons pas résoudre la crise tant que nous ne serons pas sortis de la crise sanitaire », estime Françoise Benhamou dans Challenges. Martine Robert note dans Les Echos que la culture subventionnée « va jouer un rôle amortisseur » dans la crise alors que « la culture privée, marchande est en grand danger […]. L'Allemagne alloue 75 % de son plan « nouveau départ pour la culture » de 1 milliard au privé. » Dans une lettre ouverte au gouvernement, 12 organisations professionnelles plaident pour que les festivals occupent une « place à part entière dans les politiques publiques de la culture ». Dans une tribune du Monde, Thomas Schlesser propose que les commandes publiques annoncées par Emmanuel Macron s’appuient sur l’expérience des Nouveaux Commanditaires, un dispositif associant citoyens et artistes pour une création originale répondant à un besoin défini par les citoyens. « Si l’on veut que la commande soit bien l’avenir de l’art, il faut désormais la rendre vraiment démocratique. »

Sébastien Magro dans Slate interroge le peu de réactions des musées français au mouvement #BlackLivesMatter. « Ce silence est le symptôme de quelque chose de plus général en France où la tentation est grande de ne pas relier l'histoire des musées à ce qui se passe dans le monde aujourd'hui », peut-on lire dans l’article qui relaie les propos de l’historienne de l’art Anne Lafont. Jean-Marc Proust se moque de la démagogie d’HBO et du retrait temporaire D’autant en emporte le vent de la plateforme : « Chaque censure nie mon libre arbitre et ma capacité à me distancier ». Philippe Bernard commente le mouvement de déboulonnage des statues, figures de la traite négrière. Entre transmission du passé et refus de célébrer les promoteurs d’épisodes honteux, un débat serait nécessaire pour faire le tri.

Un collectif d’auteurs et d’artistes indépendants dans une tribune de Libération interpelle l’Etat pour élargir le régime de l’intermittence aux arts et aux lettres. Il prend appui sur la polémique opposant Joann Sfar à la SGDL. « Qu’un auteur en vienne à critiquer une association censée le défendre et que celle-ci ne trouve pas d’autre parade que de lui intenter un procès est hélas un symptôme criant de cette division. » Pour Andy Battentier dans Le vent se lève, l’intermittence constitue « un exemple réussi de flexibilisation d’un marché du travail avec une insécurité de l’emploi limitée [...] la politique n’est pas qu’une affaire de comptabilité et la définition des priorités d’une société ne peut se limiter au calcul localisé des entrées et sorties. Le Covid-19 est une cruelle démonstration de ce à quoi mène une politique qui réduit les dépenses publiques pour réduire les recettes publiques. » Patrick Viveret, que nous avions interviewé en novembre 2019, évoquait des pistes de sortie d’une logique purement comptable pour le monde culturel.

2 doctorantes ont analysé 78 pratiques muséales pendant le confinement et constaté des tendances récurrentes : ludification des contenus, détournement, démystification du musée. Une esquisse du musée « post-covid ». Dans la même veine, le 25 juin prochain, l’OPC propose un webinaire pour questionner le bilan des arts et cultures numériques pendant le confinement. Julia Laïnae et Nicolas Alep ont publié une charge contre les tentatives d’alternative numérique que commente Hubert Guillaud dans Usbek et Rica. Notre volonté à voir advenir un autre numérique achoppe à définir des limites à son extension sans fin, à interdire des pratiques. « La perspective de services publics 100 % dématérialisés d’ici 2022 nous adresse un futur numérique sans alternative ».


Carnet d'étonnements

« Ami noir, loc. Généralement utilisé comme gilet pare-balles dans une conversation stérile. Exemple : “Je ne peux pas être raciste, j’ai un ami noir”. » Cet extrait est issu du glossaire Le Dérangeur, petit lexique en voie de décolonisation concocté par le Collectif Piment. « En quarante mots et expressions, les auteurs du Collectif Piment débusquent ce que la langue française cache encore d’histoire coloniale non digérée ». Un ouvrage qui tombe à pic dans le contexte de l’actualité du mouvement Black lives matter.

« Il serait fou de croire que l'envie et les idées nous aient quittés »... On trouvera les bonnes distances, écrit l’artiste de cirque Johann Le Guillerm. Et de le prouver par une courte vidéo où il intègre les distances sociales à son art.

Didier Fusillier a imaginé cet été pour la Villette un projet de plaine artistique. Exit la représentation classique, le public pourra venir assister à une autre facette de la création : répétition ou simple lecture. Chacun viendra quand il le souhaite et repartira quand bon lui semble.

A l’Opéra-Comique, la scène et la salle seront inversées. Ainsi, le public plus restreint sera installé sur le plateau, tandis que les artistes se produiront dans une salle ouverte et distanciée. « Car 70 personnes sur un plateau, c'est magique, quand 200 personnes dans une salle de 1200, ça ne marche pas ».

Le théâtre d’Aubervilliers a lancé une cantine solidaire depuis le 21 mai. Elle permet la distribution d’une soixantaine de repas par jour, distribués aux participant.e.s de l’Ecole des Actes et aux habitant.e.s de la ville qui en ont besoin. Les distributions de repas se font sur le parvis du théâtre.

Dans un contexte compliqué pour les artistes avec l’arrêt des répétitions, le report ou l’annulation de spectacles, une plateforme numérique a vu le jour pour trouver rapidement une salle disponible pour répéter. StudioD’ se présente comme une plateforme solidaire de mise à disposition gratuite de studios de danse.