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#22 La veilleuse de l'OPC : Artiste-auteur - Rapport Racine - Vocation/travail 04 juin 2021

#22 La veilleuse de l'OPC : Artiste-auteur - Rapport Racine - Vocation/travail


L’artiste est-il un travailleur comme un autre ? s’interrogeait l’Observatoire à l’occasion d’un numéro consacré aux statuts de l’artiste. « L’artiste n’est plus cet individu hors du monde social, figure issue d’une vision réductrice du romantisme, mais il est souvent un travailleur précaire » pouvait-on lire dans l'introduction au dossier.

La déception des artistes-auteurs quant aux suites données au rapport Racine par le ministère de la Culture et la fronde contre les affiches de la Ville de Bordeaux « Artiste c’est un métier ? » sont l'occasion de donner un coup de projecteur sur la situation des artistes-auteurs.

Ces derniers constituent une catégorie complexe à cerner, tant le terme regroupe des métiers et des statuts différents définis par le code de la sécurité sociale. Le rapport de Bruno Racine, remis au ministère de la Culture en janvier 2020, situe les artistes-auteurs dans l’« angle mort » des politiques publiques. Il souligne leur précarité et la dégradation de leurs rémunérations ces dernières années. Salué par une partie de la profession, le texte propose 23 mesures, avec notamment la prise en compte de la demande de statut et la considération du temps passé à créer une œuvre. Il envisage également des solutions face au faible poids politique de la représentation des artistes-auteurs sur un plan national. Une interview de Samantha Bailly, ex-présidente de la Ligue des auteurs professionnels, dans AOC détaille les espoirs déçus par le plan du ministère de la Culture. Cette feuille de route, rendue publique en mars, ne retient qu'une partie du rapport Racine. Les organismes de gestion collective qui collectent et répartissent les droits d’auteurs ont, quant à eux, plutôt bien accueilli le plan ministériel. Un article du Monde ne manquait pas de souligner les tensions entre les 2 parties, source d’embarras pour la rue de Valois.

« D’où vient donc, en un siècle aussi éclairé que le nôtre paraît l’être, le dédain avec lequel on traite les artistes, prêtres, peintres, musiciens, sculpteurs, architectes ? », s'interrogeait Honoré de Balzac dans le texte « Des artistes » ? Deux siècles plus tard, Stéphanie Le Cam, directrice de la Ligue des auteurs, voit encore dans cette marginalisation l'héritage d’une vision romantique de l’artiste : « au XIXe siècle, Balzac et Sainte-Beuve s’affrontaient déjà sur la question de savoir si l’on pouvait mêler art et argent. Dans l’imaginaire collectif, nous avons continué à faire vivre cette idée de l’artiste passionné et désintéressé qui ne vit que pour son art. ». Pierre Estève confiait d'ailleurs dans l’Observatoire n°44 « j'ai moi-même cru des années durant qu'un bon artiste était un artiste pauvre ». Il questionnait la formation reçue au conservatoire qui ne l’avait pas préparé à la gestion d’une carrière.

Face à ce problème, de nouvelles mobilisations collectives prennent forme autour de mouvements comme #payetonauteur ou ©Non aux créations gratuites qui revendiquent une reconnaissance et une juste rémunération du travail de création. Une difficulté supplémentaire concerne le droit d’exposition qui permet à l'auteur d'être rémunéré en exposant son œuvre, un droit qui est peu appliqué par les lieux de diffusion. Comme le rappelle Agnès Tricoire dans l’Observatoire 55, la gratuité du droit d’exposition ne se présume pas mais ce principe est rarement respecté. Pascal Neveux, président du CIPAC, poursuit dans le même numéro : « il est donc assez fréquent d’entendre dire qu’un artiste qui expose ses œuvres n’a pas besoin d’être rémunéré pour cette exposition puisqu’il peut vendre ses œuvres. Or (…) cette économie vertueuse ne touche que très peu d’artistes aujourd’hui. »

Alors comment rémunérer l’acte de création ? Entre vocation et travail, Pierre-Michel Menger s’est questionné sur la nature de l'engagement qu'il induit. L’artiste-auteur est une profession où la rémunération n’est pas liée au temps passé à réaliser une création, mais à son succès. Ainsi, certaines œuvres prennent très vite une valeur folle et inversement commente-t-il à l'occasion d'une web-émission de la Ligue des auteurs professionnels. Outre l’intérêt des préconisations avancées par le rapport Racine, faut-il de ce fait envisager de faire entrer les artistes-auteurs dans un régime similaire à celui de l’intermittence comme évoqué dans une tribune signée par un collectif d'auteurs et d'artistes indépendants dans Libération ? Interviewé par Olivia Gesbert sur France Culture, Pierre-Michel Menger se montre sceptique sur ce point puisque le basculement dans un statut régi par le code du travail implique un lien de subordination à un employeur difficilement concevable avec l’acte de création.


Carnet d'étonnements

Et si l'art pouvait déjouer la surveillance numérique ? Des artistes créent des œuvres pour rendre les outils de reconnaissance faciale inopérants. Du maquillage, des bijoux, des coiffes sont ainsi destinés à se camoufler dans l'espace public. Des créations qui tentent d'alerter le grand public sur les dangers de ces technologies.

Construire « avec » plutôt que « pour », continuer à concevoir ensemble tout en construisant, c’est le défi de ConstructLab, pratique de construction collaborative. Praticiens de divers champs (charpentiers, architectes, designers, conservateurs, cinéastes, écrivains, enseignants…) sont invités sur différents projets à explorer ensemble une « intelligence constructive », éco-responsable, de bon sens et utilisable par tout le monde.