SSLTimeout.

 


#23 La veilleuse de l'OPC : prix unique du livre - loi Lang - Amazon 02 juillet 2021

#23 La veilleuse de l'OPC : prix unique du livre - loi Lang - Amazon


« La loi Lang est le principal totem de notre métier, notre ADN. Sans elle, le tissu le plus dense de librairies indépendantes au monde aurait été réduit de moitié ou davantage », témoigne dans Libération Matthieu de Montchalin, ancien président du Syndicat de la librairie française.

Acheter le même livre au même prix dans n’importe quel commerce, tel est le principe de la loi sur le prix unique du livre votée au début du premier mandat de François Mitterrand. Avec pour ambition de protéger les librairies indépendantes, menacées à l’époque par les pratiques discount des grandes surfaces et chaînes de magasins spécialisées dans la distribution de produits culturels. Jack Lang, interviewé dans L’Obs, qualifie cette loi de « première loi d'écologie culturelle » assurant « la prééminence de la création sur l'esprit de lucre et de rentabilité à court terme ». Si cette loi fait date, « elle fut aussi l’aboutissement d’un long chemin de croix » peut-on lire dans Le Monde. « Jack contre Fnac » : dans un article pour Libération, Frédérique Roussel revient sur les multiples résistances à l’application d’une loi jugée liberticide et inflationniste.

La loi fait partie aujourd’hui du paysage français. Selon Pierre Dutilleul, interrogé sur France Culture, elle « a permis à des librairies de s'installer dans les coins les plus reculés du territoire » et favorisé la diversité éditoriale et littéraire en évitant une trop forte « best-sellerisation ». Si Henri Causse dans Le Monde voit un effet pervers lié à une « surproduction de livres, qui asphyxie le marché », Jack Lang interviewé dans Libération « préfère une surproduction à une sous-production. […] C'est ça l'esprit de la loi, c'est de donner leur chance à des livres qui ne rencontrent momentanément pas leur public. Il a fallu trente ans à Marguerite Duras avant qu'elle ne triomphe. » D’autres pays ont suivi, comme l’Allemagne, la Belgique, la Grèce… Son introduction est actuellement débattue en Suisse et au Québec.

Pour autant, la pandémie a mis un coup de projecteur sur les pratiques de concurrence déloyale des grosses plateformes de vente en ligne comme Amazon qui proposent des frais d’envoi quasi nuls. Pour Nathalie Silbert dans Les Echos, Amazon « mérite mieux que sa réputation » en améliorant globalement « le service au lecteur ». Mais les librairies indépendantes ne peuvent pas s'aligner face à de telles pratiques, « sauf à vendre à perte et à menacer une économie déjà fragile » peut-on lire dans Télérama. 40 ans après la loi Lang, le gouvernement se positionne une nouvelle fois en faveur des librairies indépendantes. Le projet de loi adopté au Sénat le 8 juin dernier prévoit, entre autres, la mise en place d’un tarif minimum pour les frais d’expédition. Clément Solim dans ActuaLitté y voit une façon de « préserver l’écosystème de la librairie, et lui offrir une opportunité de développer la vente à distance ». La loi a été accueillie favorablement par le secteur, notamment par le Syndicat de la librairie française. Xavier Martinet dans France Culture se demande cependant si cette « réplique » de la Loi Lang est « le bon rempart » face au marché numérique. De son côté, Franck Gintrand faisait remarquer il y a quelques mois dans Slate : « Amazon fait peur mais ce sont les grandes surfaces qui font mal aux librairies », le géant du commerce en ligne ne détenant au final que 10% des parts de marchés.

« Que serait le monde sans la loi Lang ? » S’il est possible d’imaginer divers scenarii tels que ceux proposés par l’association des Librairies Indépendantes en Nouvelle-Aquitaine (livres vendus au poids, distributeurs automatiques de livres, monde littéraire uniformisé…), répondre à cette question est difficile tant l'écosystème est complexe. Dov Alfon dans Libération constate qu’il « reste encore dans la chaîne du livre bien des choses à améliorer » comme le sort des artistes-auteurs. Toujours est-il que « les Français ne sont pas de grands lecteurs, mais ils adorent leurs librairies ». Affaire à suivre…


Carnet d'étonnements

Qu’est-ce qu’un saut de loup, une ronde-bosse, une échauguette ? Vous trouverez les réponses à ces questions dans le dictionnaire du patrimoine élaboré par PAJ Patrimoine Architecture Jardins, magazine virtuel de l’association Vieilles Maisons Françaises. Ce dictionnaire en ligne permet de découvrir/redécouvrir des notions de patrimoine en accédant à des illustrations de qualité. Une façon originale d’explorer le patrimoine de chez soi.

En panne d’idées pour dépenser les 300 € du pass Culture ? Le designer Geoffrey Dorne a lancé un pass (contre) Culture. Créé dans le sillon du pass du ministère de la Culture, ce générateur d’idées propose des films et des livres sur les thèmes de la liberté, de la politique, du féminisme, de l'égalité sociale... Des pistes "d'usage" dans la perspective de la généralisation du dispositif ?