Rencontres


Innover dans les arts et la culture. Humaniser la civilisation numérique 14 octobre 2020

Innover dans les arts et la culture. Humaniser la civilisation numérique

Lieu : Metz

Visionner les vidéos de la rencontre : matin et après-midi

La crise sanitaire a mis les usages du numérique au centre des questionnements sur les arts et la culture. De nombreux organismes culturels ont engagé dans l’urgence leur transition digitale, multipliant les offres en ligne par crainte de perdre le lien avec une population dont l’activité expressive et d’échange sur les réseaux sociaux a atteint des niveaux sans précédent. Un nouvel agenda de travail s’est ainsi imposé en l’espace de quelques mois visant à faire émerger de véritables « politiques culturelles 2.0 » : autrement dit, des politiques plus en phase avec la manière dont nos sociétés produisent, partagent et utilisent aujourd’hui les connaissances, les références culturelles et les imaginaires. Ces évolutions ne posent pas moins d’enjeux culturels publics que le monde d’après-guerre qui a vu naître les politiques culturelles modernes. Car les implications des technologies digitales dépendent de la façon dont la société se les approprie, des choix politiques et individuels que nous faisons, des stratégies collectives que nous déployons. Humaniser la civilisation numérique, c’est œuvrer dans le sens d’une appropriation culturelle du numérique que chacun peut interroger, enrichir et faire évoluer. C’est aussi promouvoir les expériences esthétiques, critiques et symboliques qui utilisent le numérique comme outil ou sujet de la création artistique.

La grande transformation numérique oblige à reconsidérer un certain nombre de thèmes qui ont jalonné l’histoire des politiques culturelles : des questions de création et d’imaginaires, d’accès et de participation, de comportements et de pratiques, de démocratie et de démocratisation, d’éducation et de médiation, d’économie et de coopération, d’équipements et de projets de territoire… En redéfinissant ce que nous entendons par service public et intérêt général en matière de culture, les réponses qui y seront apportées constitueront le socle des politiques culturelles à venir. Celles des sociétés numérisées du 21e siècle.

Cette rencontre vient conclure une démarche de plusieurs mois ponctuée par l’organisation d’un webinaire, d’ateliers de discussion et de co-production à l’échelle du Grand-Est réunissant adolescents, amateurs, acteurs culturels, artistes, contributeurs et animateurs de communautés en ligne…



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Table ronde 1 : Art et création à l’ère du numérique

La singularité de la création numérique réside autant dans l’utilisation créative des technologies numériques que dans le désir de prendre pour objet et sujet les transformations qu’elles induisent dans la société. Les arts numériques contribuent ainsi à produire les imaginaires, les récits et les critiques du monde contemporain. Dès lors pourquoi leur reconnaissance institutionnelle est-elle si difficile à obtenir en comparaison d’autres disciplines artistiques ? La perspective de leur autonomie esthétique est-elle même souhaitable ? Ne se distinguent-ils pas davantage par leur porosité territoriale avec d’autres domaines (fabrication numérique, industries créatives, technosciences, communication événementielle…) ? Y a-t-il une organisation et une économie spécifiques des arts numériques au croisement des disciplines artistiques, techniques et scientifiques ? Comment favoriser les coopérations entre artistes, informaticiens, électroniciens, hackers, scientifiques, développeurs, designers ou programmateurs qui caractérisent la création numérique ?


Table ronde 2 : Éducation et médiation aux cultures numériques

Jamais les personnes n’ont disposé de moyens aussi étendus pour s’exprimer et accéder aux contenus. Pour autant, les propositions culturelles en ligne et plus largement les cultures numériques ont-elles besoin de médiation ? Peut-on renforcer les capacités de comprendre et de maîtriser les technologies numériques, leurs enjeux et leurs usages culturels ? Comment conduire le citoyen à s’interroger sur le pouvoir de contrôle des outils numériques ou sur leur fonction émancipatrice ? Notre rapport au monde, à nos amis et à l’information passe de plus en plus par Internet. Dans ce contexte, comment distinguer le vrai du faux, éveiller l’esprit critique, se repérer dans la masse d’informations disponibles, sortir de l’enfermement mental auquel nous conduisent les réseaux sociaux ? L’effort en matière d’éducation aux médias et aux images est-il à la hauteur de ces enjeux ? Comment développer la culture numérique de tous ? Les technologies digitales renouvellent-elles la question de l’accès aux œuvres ?



Table ronde 3 : Nouveaux lieux culturels et écosystèmes territoriaux

On aurait tort de croire que la culture numérique se passe d’ancrage territorial. L’existence de lieux d’échange et de partage demeure essentielle comme en témoigne la multiplication des tiers-lieux, fablabs, medialabs et autres repair cafés. Constituent-ils le socle d’un nouveau service public de la culture ? Quelle place donnent-ils aux usagers dans la gouvernance, dans les processus d’apprentissage, de production et de diffusion des cultures et des connaissances ? En quoi interrogent-ils le fonctionnement des équipements spécialisés (médiathèques, musées, centres culturels, centres sociaux, maisons de service public, …) ? Faut-il créer de nouveaux lieux dédiés à la culture numérique ? Comment faciliter la transformation digitale des écosystèmes culturels dans les territoires ? Les administrations publiques sont-elles organisées pour accompagner
ce mouvement ?


Table ronde 4 : Cultures participatives, cultures libres

Écrire un blog ou un roman sur internet, contribuer à un article dans Wikipédia, partager des photos, se filmer en webcam pour parler d’un livre ou proposer une chorégraphie, réaliser un mod de jeu vidéo ou un mashup, publier un itinéraire sur une carte collaborative, élaborer des prototypes et des savoirs communs dans un makerspace… La diffusion des outils numériques s’est accompagnée d’un élargissement considérable des pratiques créatives, expressives et contributives des personnes et en particulier de la jeunesse. Faut-il soutenir et valoriser cette culture participative ? Remet-elle en question le fonctionnement de nos établissements culturels ? Est-ce une affaire de service public ? Comment faciliter l’engagement de ces participants actifs d’un monde culturel en constitution ? Quelle place donner aux communautés de pratiques, d’intérêts, d’apprentissage qu’ils forment ? Comment favoriser la construction de communs (culturels, territoriaux…) et les possibilités d’agir de chacun à l’ère numérique ? Que faire de cette intelligence collective ? Qui en profite ? Quels sont les cadres juridiques, économiques et politiques pertinents ?



Partenaires
Rencontre organisée à l’occasion du 30ème anniversaire de l’Observatoire des politiques culturelles, en collaboration avec l’Agence culturelle Grand Est et en partenariat avec la DRAC Grand Est, le Ministère de la Culture, la Cité musicale-Metz, la Ville de Metz, Metz Métropole. Rencontre organisée dans le cadre du festival international d'arts numériques Constellations de Metz.

Cette rencontre s'inscrit dans le cadre des 30 ans de l'OPC. A cette occasion, une série de rencontres publiques sont organisées en France et en Europe tout au long de l’année 2020 autour du thème "Pour une politique de la relation".