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La participation des habitants à la vie artistique et culturelle

De la participation

jean-pierre saez

Depuis un certain nombre d’années, la question de la participation des habitants à la vie artistique et culturelle revient de manière plus insistante dans de nombreuses discussions, séminaires et rencontres évoquant les finalités de l’action artistique et culturelle. Mais le débat qu’appelle ce vaste sujet, régulièrement remis à l’ordre du jour depuis… plusieurs décennies, a-t-il vraiment eu lieu ?

L’histoire des politiques culturelles, y compris dans leur période actuelle, montre que les arguments s’entrechoquent parfois au détriment d’une intelligence plus globale des différentes manières de vivre sa relation à l’art et à la culture.

Le vocabulaire même pour évoquer cette relation a connu des inflexions sensibles. Il ne s’agit plus seulement d’élargir l’accès à la culture et aux biens culturels – il s’agit aussi de cela – mais plus généralement de reconnaître les droits culturels dans une large acception de cette notion.

C’est ainsi que se construit la transition du principe du droit à la culture à celui de droits culturels. Ceux-ci ont vocation à sécuriser les choix culturels de tout individu, de toute association ou groupe, en toute liberté, dès lors qu’ils respectent les droits fondamentaux de l’être humain tels qu’ils sont codifiés dans les conventions internationales. Dans cette perspective, il importe d’identifier, de comprendre, de reconnaître les différentes façons de nouer un lien avec ce que l’on nomme la culture de manière générique. Les droits culturels sont censés faire partie intégrante des droits de l’être humain. Entrent alors dans cette catégorie le droit de prendre part de quelque manière que ce soit à la vie culturelle aussi bien que celui de bénéficier de la protection des intérêts moraux et matériels des œuvres dont on est l’auteur. Les droits des minorités, des langues, des peuples menacés aussi bien que les droits de culte ou le droit à l’information sont partie prenante de la même catégorie. Ainsi les droits culturels décrivent un ensemble de droits universels mais le questionnement auquel ils renvoient varie fortement d’une région du monde à l’autre.

Autrement dit, le débat sur la participation des habitants à la vie artistique et culturelle n’est pas un débat franco-français. Il trouve son écho en bien des endroits du monde. Les publications sur le sujet en Europe, dans les Amériques, en Afrique se sont multipliées ces dernières années. Cependant, si l’un des enjeux de cette discussion consiste à dépasser les limites de l’esprit académique, il est tout aussi essentiel de ne pas tomber dans le piège du relativisme intégral. Les problèmes qu’elle soulève doivent par conséquent être clairement contextualisés.

La notion de droits culturels sollicite une ouverture d’esprit quant à la façon d’aborder la participation à la vie artistique et culturelle. Pour autant, il convient de discerner les problématiques et d’adapter les réponses. Ainsi les pratiques amateurs, longtemps tenues aux franges des politiques culturelles gagnent de plus en plus clairement leur place dans leur espace symbolique. Mais leur accompagnement exige une bonne dose de jugement pour distinguer ce qui relève d’un accompagnement du service public de ce qui échoit à la seule société civile ou aux individus de manière autonome. Par ailleurs, il existe différentes formes d’amateurat et il ne s’agit pas de tout traiter de manière uniforme, même s’il faut interroger les valeurs qui inspirent nos manières de faire. Enfin, pratiques amateurs et activités professionnelles ne sont pas du même ordre. Les réponses à leur apporter doivent tenir compte de leurs contraintes respectives.

L’idée de participation suppose une forme d’engagement. Mais comment « mesurer » celui-ci ? Peut-on en décider la gradation, d’une forme présumée passive à une forme qui serait plus active ? Aller au concert, visiter une exposition est déjà une forme de participation. On peut être spectateur, se situer dans une posture de contemplation et se sentir profondément impliqué dans sa relation à l’art. D’autres façons de prendre part à la vie artistique et culturelle se développent, que ce soit à travers l’éducation artistique et culturelle, les pratiques amateurs, les pratiques numériques, des démarches de création plus ou moins participatives ou par des comportements contributifs aux débats culturels. De ce point de vue, artistes et institutions n’ont cessé de faire preuve de créativité, les uns élargissant leur gamme de pratiques, les autres ouvrant, par exemple, leurs scènes aux danseurs de rue qui utilisaient le parvis du théâtre comme d’un espace de répétition. Comment interpréter cette ouverture ? Simple stratégie occupationnelle ou témoignage d’une évolution des valeurs ? Le fait est que les idées bougent, à condition de créer les conditions du dialogue. Relevons aussi combien l’espace public ouvert est devenu une scène artistique toujours plus prisée. Paradoxalement, cette ouverture de l’art sur la place, dans la rue, ne poursuit-elle pas le vœu – l’illusion ? – d’un art sans médiation ?

Dans un autre registre, les potentialités d’internet conduisent de plus en plus d’usagers à se comporter en créateurs individuels et collectifs, via des réseaux sociaux diversifiés. Ils se veulent inventifs, contributifs. Ils ont la possibilité d’échanger, de produire, de valoriser, de distribuer leurs œuvres en demeurant de purs amateurs ou pour certains en se frayant, de manière très autodidacte, une voie vers des formes de professionnalisation.

L’une des questions posées par ce mouvement de fond est celle de l’appropriation de son rapport au monde, et donc notamment à l’art et à la culture dans la mesure où ils suscitent des lieux et des moments de sociabilité où la recherche de l’autre et l’affirmation de soi constituent deux tendances complémentaires et somme toute paradoxales. Le défi à relever est autant individuel que collectif : re-créer constamment les conditions d’une culture choisie, consciente, et non d’une culture subie.

Le besoin d’expressivité et d’expression se traduit de multiples façons. Le souci d’être et d’être ensemble est au cœur de la participation “affirmative”. D’où l’appel à la reconnaissance qu’elle renvoie. En outre, on peut lire en elle une volonté de manifester son existence, d’échapper au rouleau compresseur de l’uniformisation des goûts et des valeurs, dans un monde qui tend à faire plus de place à l’individu-consommateur qu’à l’individu-sujet.

La culture a toujours été le lieu du débat public. Ce qui se joue aujourd’hui dans l’espace culturel n’est rien d’autre que le reflet d’une demande d’approfondissement des règles du jeu de la démocratie. Au demeurant, l’idée de décentralisation participe de ce processus historique tout comme la problématique de la gouvernance cherche à traduire l’idée que la décision publique ne peut se construire que dans la recherche de solutions convergentes. Saisis par ce mouvement de fond, les pouvoirs locaux organisent de plus en plus de concertations cherchant à mêler professionnels, créateurs, associations et habitants, tout comme les acteurs eux-mêmes se réunissent en réseaux et autres forums. Une nouvelle page d’histoire de la citoyenneté culturelle est-elle en train de s’élaborer ? Dans le monde marchandisé, individué et accéléré qui est le nôtre, comment devons-nous nous mobiliser pour penser un nouvel acte culturel, qui fasse toute sa place au rêve, et qui se méfie des illusions, des certitudes, des choix univoques et des anathèmes ? Pour avancer dans ce sens, la seule équation pertinente – nous l’affirmons ici comme une conviction – est celle qui cherche à concilier, conjuguer, hybrider des principes fondamentaux, parfois caricaturés ou opposés de manière simpliste : démocratisation et démocratie culturelle.




Sommaire

Édito
De la participation
Contributions
Développement culturel. La relance du FIPC et ses implications institutionnelles et politiques
Débats
Les arguments pour une culture publique
Dossier
Non, le « participant » n’est pas un amateur
Pour un « théâtre autrement » au plus près des populations : décaler le quotidien
L’expérience toulousaine de démarche consultative : un récit performatif ?
Attention aux voisins. Pour une éthique des arts mitoyens
Créer des théâtres à l’intérieur de l’homme
Villeneuve-sur-Lot. Participation et transversalité : au-delà d’une programmation, investir le territoire
L’« œuvre participative » en droit d’auteur
Le patrimoine, possible champ du partage
De la muséographie participative
Co-construire une muséographie. L’exemple du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère
 
De la désorientation
Conduire à l’émancipation. « L’art est une turbulence, un éveilleur qui met en branle la pensée »
« Nous sommes allés à l’Opéra pour donner un spectacle ». Les productions participatives pour et avec le jeune public en Europe.
Logique d’accessibilité et enjeux participatifs : l’exemple des Parcours de découvertes culturelles
Un quartier au cœur du théâtre
Les communautés émergentes de la culture scientifique et technique
La participation des habitants dans les études commanditées
Biblio
Augustin Girard, un infatigable fonctionnaire-militant des politiques culturelles
René Rizzardo, héraut des politiques culturelles
Culture et développement durable : les pièges de la croissance néolibérale
L’art périlleux du décentrement
Synthèses d'études
Les agences départementales au cœur de la vie culturelle territoriale. L’exemple de la Mission départementale de la Culture de l’Aveyron
Les pratiques culturelles dans la communauté urbaine de Lille : la métropolisation en marche