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L'Inventaire général du patrimoine culturel : bilan d'une décentralisation

N’avoir de cesse de cultiver nos humanités

jean-pierre saez

Après l’effroi, la sidération, les pleurs : le besoin d’un sursaut. La tragédie de Charlie et du magasin Hyper Cacher a constitué un révélateur à multiples facettes. Je retiendrai en premier lieu l’attachement profond du peuple français – rejoint par d’innombrables voix à travers le monde –, au principe de liberté d’expression, aux droits fondamentaux de l’être humain avec son corollaire, le refus du racisme et de l’antisémitisme, mais aussi le besoin de revitaliser notre espace républicain, l’impératif d’un État de droit respectueux de chacun et dont les règles s’appliquent à tous. C’est dans ce cadre et dans cet esprit que nous avons, par millions, réitéré notre accord pour que l’on préserve la possibilité d’exprimer des idées, des opinions contradictoires, dès lors qu’elles se situent dans les principes du droit définis par les textes fondateurs de notre démocratie.

Après l’effroi, la sidération, les pleurs : le besoin d’un sursaut. La tragédie de Charlie et du magasin Hyper Cacher a constitué un révélateur à multiples facettes. Je retiendrai en premier lieu l’attachement profond du peuple français – rejoint par d’innombrables voix à travers le monde –, au principe de liberté d’expression, aux droits fondamentaux de l’être humain avec son corollaire, le refus du racisme et de l’antisémitisme, mais aussi le besoin de revitaliser notre espace républicain, l’impératif d’un État de droit respectueux de chacun et dont les règles s’appliquent à tous. C’est dans ce cadre et dans cet esprit que nous avons, par millions, réitéré notre accord pour que l’on préserve la possibilité d’exprimer des idées, des opinions contradictoires, dès lors qu’elles se situent dans les principes du droit définis par les textes fondateurs de notre démocratie.

Une première vérité s’impose : sur le triste podium des attentats de Paris, rassemblés sur la même marche de l’horreur, les victimes sont des artistes, des intellectuels, des journalistes, des personnes désignées comme juifs, des policiers. Les idéologies totalitaires jouent avec un échiquier dont voici quelques-unes des figures emblématiques. Encore faut-il ajouter que le panel des cibles de ce fanatisme mortifère peut être sans limites. Charlie représente pour sa part l’irrespect, l’irrévérence, l’impertinence dont toute société qui respire a besoin. Voici autant d’antidotes aux conformismes et aux servitudes qui s’acharnent à piéger notre vie quotidienne et notre humanité – notre liberté –, autant de traits d’expression d’une culture de la fronde si typique d’une adolescence qui ne veut surtout pas finir, qui ne se résout jamais au respect de tout pouvoir, autant d’appels en définitive à la tolérance même. Mais comme toujours, l’obscurantisme s’en prend aux forces de l’esprit et, en l’occurrence, à sa manifestation la plus humaine lorsqu’elle emprunte le langage de l’humour, fut-il satirique.

Ce drame, de portée universelle, dévoile presque aussitôt – ou plutôt rappelle – quelques fissures béantes dans notre corps social au cœur duquel se consument des bombes à combustion lente. Il nous enjoint à reprendre la parole, à dialoguer, y compris dans la confrontation, à faire ainsi acte de reconnaissance et de fraternité, à agir depuis tous les endroits possibles, à sortir de nos bulles et de nos maisons, à remettre en partage ce qui fonde notre être ensemble, mais à le faire les yeux grand ouverts sur les mille et une divisions, injustices, ségrégations qui n’ont cessé de se cristalliser dans notre société. La République et la démocratie nous rappellent. Dans cette bataille, l’éducation et la culture doivent être mobilisées de façon prioritaire, sans tergiverser. Cela ne sera pas suffi sant pour gagner une bataille dont nous ne maîtrisons pas tous les tenants et aboutissants, mais sans cela nous pourrions tout perdre.
Seul l’échange lie

Le 11 janvier, nous avons fait « provision d’humanité » selon la belle expression d’Erik Orsenna. Mais comment la faire fructifier dans la durée ? Et ce « nous » nous comprend-il tous ? Comment se relier davantage ? La République est censée déborder les appartenances particulières, comprendre en elles tous les membres de la communauté nationale, mais l’horizon dont elle porte la promesse n’apparaît même plus dans le lointain aux yeux d’une fraction de la population. On peut comprendre l’alerte de Régis Debray pour qui « Les fondements symboliques sont aux abonnés absents. » C’est par l’éducation et la culture, par une réflexion aussi sur le modèle de société que nous sommes prêts à mettre en œuvre, que nous pourrons rebâtir ce sens commun qui fait aujourd’hui défaut. Il nous faut alors avancer dans le diagnostic. Nous souffrons d’une pénurie d’échange, de reconnaissance et de respect. Quand je dis « nous », il faut nuancer et entendre que la distribution de la reconnaissance n’est pas équitable. Que veut dire « être confronté au manque de respect » ? Richard Sennett l’explique avec limpidité : « on n’est pas vu, pas perçu comme un être humain à part entière, homme ou femme, dont la présence importe ». Installé dans cette représentation de soi, comment peut-on se reconnaître comme citoyen ?

Mais la question de la reconnaissance n’est pas qu’une affaire philosophique ou morale. Elle a aussi des conséquences pratiques. Une trop grande partie de notre jeunesse, y compris parmi les diplômés, est tenue comme à la lisière de la société. Comment peut-elle retrouver la confiance nécessaire que cette même société ne lui accorde pas ou trop peu ? Dans les quartiers relégués, paupérisés, et parfois ghettoïsés, il faut être fort pour tenir debout. Le travail de l’école est essentiel, celui de la culture ne l’est pas moins pour fournir les repères symboliques nécessaires à la construction de tout individu en sujet émancipé. À cet égard, la sensibilisation aux arts et la pratique artistique représentent des chemins d’épanouissement, d’élévation, de participation active, de construction de soi incomparables. Il nous faut revitaliser culturellement la société, prendre appui sur les acteurs et les ressources culturelles dont nous disposons, y compris pour mettre en valeur, par exemple, le caractère consubstantiellement interculturel des arts et des patrimoines. Une idée qu’avait bien mise en valeur la convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, il y a tout juste dix ans. La prochaine livraison de L’Observatoire la revisitera nécessairement en explorant les politiques culturelles de la jeunesse dans le monde tout particulièrement au regard des principes fondamentaux avancés par la Convention : la liberté d’expression, le respect des choix culturels des individus ainsi que celui des droits de l’être humain.

Mais comment faire mieux comprendre et partager de tels enjeux ? Comment donner à ce travail d’action artistique et culturelle toute sa place alors que les moyens déployés par les pouvoirs publics qui lui sont dédiés s’effilochent toujours plus ? Comment être plus pertinent au regard des besoins et droits culturels évoqués, en termes de projet, de médiation, d’éducation, si l’emploi artistique et culturel se délite, si les énergies sont accaparées par les questions de gestion au détriment de l’action ? Dans ce contexte, une nouvelle ambition politique de la Nation pour la culture, considérant l’enjeu du vivre ensemble dans toutes ses dimensions, est vivement attendue.




Sommaire

Édito
N’avoir de cesse de cultiver nos humanités
Dossier
L'Inventaire général du patrimoine culturel ou l'invention d'une compétence obligatoire et partagée
L'Inventaire général : le chemin vers la décentralisation
Inventaire général et collectivités territoriales : l'esprit de la coopération
L'Inventaire général du patrimoine culturel
Dynamique de la décentralisation de l'Inventaire
L'engagement des régions pour l'Inventaire général
Comment favoriser l'appropriation de l'Inventaire ?
Les paysages de l'industrie, nouveau champ d'étude pour l'Inventaire ?
Périurbain et histoire de l'architecture
Nouveaux enjeux, nouveau territoire : le fleuve à l'épreuve de l'Inventaire
L'art dans la ville : patrimonialisation et Inventaire
Enjeux de l'Inventaire général en Guyane
L'évolution des politiques d'inventaire au miroir du droit européen
 
Les enjeux juridiques de l'accès aux données de l'Inventaire
La formation : pour des compétences multiples et innovantes
Jubilé et transmission
L'exercice du contrôle scientifique et technique de l'Etat sur les opérations d'Inventaire général du patrimoine culturel
Illustrer
L'Inventaire : une méthodologie en mouvement
Inventaire général et recherche : quelles interactions ?
Du Faire connaître à l'élaboration d'une véritable politique régionale de valorisation de l'Inventaire général
Biblio
S'astreindre à aiguiser notre réflexion
L'écologie de l'attention, alternative à la sollicitation
Internet : entre diversité et polarisation autour de la silicon Valley
Etat des lieux du livre à l'heure numérique
Synthèses d'études
Les leçons voironnaises : ce que le Pays voironnais nous dit de l’intercommunalité et de la coopération culturelle
Élargir la participation à la vie culturelle : expériences françaises et étrangères