Les algorithmes de recommandation des plateformes numériques comme instruments de politique culturelle

Fond jaune. Une main perce le papier de fond et porte des jumelles.
Photo © Adobe Stock

À l’ère des plateformes, l’abondance des contenus culturels est devenue la norme. Les algorithmes de recommandation, de faux amis. Créer les conditions de la rencontre avec une œuvre demeure une nécessité, même dans l’univers numérique. Garantir la disponibilité d’un contenu et sa capacité à être repéré au sein de cette profusion est au cœur de l’idée de « découvrabilité ».

Cette notion fait référence à la disponibilité, l’accessibilité, et la visibilité des contenus culturels en ligne. En d’autres termes, la découvrabilité désigne la capacité d’un contenu culturel à être repéré parmi un vaste ensemble de propositions, notamment par une personne qui n’en faisait pas précisément la recherche.

Mais comment assurer l’accès et la diversité des expressions culturelles en ligne, dans un environnement d’abondance de contenus, quand le choix est, majoritairement, gouverné par des algorithmes ? Au-delà de la question de la diversité linguistique, c’est aussi la question de la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles et des droits culturels qui est en jeu.

Dans un univers numérique dominé par la situation oligopolistique de quelques plateformes
dont le modèle repose sur un capitalisme financier états-unien, l’immense majorité des
contenus culturels consommés est en anglais alors même que ces derniers ne représentent
que 30% de l’Internet. De la même manière, 95% de nos navigations se déploient sur
seulement 0,03% des contenus numériques disponibles (Dominique Cardon, Culture
numérique, 2019, p356). Comment, dans ce contexte, rendre les contenus culturels
francophones visibles, accessibles et attrayants ?

En outre, il n’existe pas encore d’instruments juridiques internationaux en matière de
découvrabilité. Comment définir et imposer des normes suffisamment contraignantes aux
plateformes numériques, elles-mêmes en constante évolution technologique, pour ériger
la découvrabilité en droit culturel fondamental ?

Les études sur les algorithmes de recommandation, encore récentes, se heurtent à des défis
méthodologique et éthiques de collectes de données. Leur fragmentation et leur difficulté
d’accès complexifient la mesure du fonctionnement et de l’impact des recommandations.
Quelles mesures d’audit faudrait-il mettre en oeuvre pour assurer une meilleure
transparence du fonctionnement des algorithmes ? Quels types de recommandations
permettraient de favoriser et promouvoir une meilleure diversité des contenus culturels en
ligne ?

Du côté des utilisateur·trices, comment les recommandations viennent-elles s’imbriquer
dans des pratiques à la fois hors ligne (recommandations par l’entourage proche) et en ligne
(interactions sur différentes plateformes) ? Quelles stratégies sont mises en oeuvre pour
déjouer, contourner, « bricoler » les recommandations et déployer de nouvelles formes de
navigation ?

C’est dans le cadre d’une enquête menée en 2024 et 2025, en collaboration avec la Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles de l’Université Laval, le laboratoire Costech de l’Université de Technologie de Compiègne et du centre de recherche québecois Artenso que l’OPC tente de répondre à ces questionnements en se saisissant du concept de
découvrabilité en régime numérique.

Réunion à Québec
Personne de dos dans une bibliothèque

Photos © Charline Bruhat

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