Fresques, festivals, résidences d’artistes… Longtemps cantonnés à la gestion locative, les bailleurs sociaux s’affirment comme de véritables acteurs culturels des quartiers populaires. Démocratisation, cohésion sociale, image à soigner ou tensions à apaiser : les motivations sont multiples. Mais un défi demeure : faire participer les habitants.

Photo : © LA LISIERE – Toit et Joie Poste Habitat – Saint-Michel-sur-Orge

Depuis quelques décennies, les bailleurs sociaux s’affirment comme de nouveaux acteurs culturels dans les quartiers populaires. Présents aussi bien dans les grands centres métropolitains que dans les villes moyennes, ces opérateurs du logement social développent des actions culturelles variées en collaboration avec des artistes, des compagnies d’arts vivants, des associations ou des institutions culturelles Cet article est issu d’une recherche menée en 2024-2025 sur les actions culturelles d’un bailleur basé en Île-de-France : Camila van Diest, Natacha Gourland, Anne Hertzog, Samuel Périgois en collaboration avec Vincent Guillon, L’art en pied d’immeuble. Enquête sur les initiatives artistiques et culturelles portées par le bailleur social Toit et Joie – Poste Habitat  : résidences autour des savoir-faire culinaires des habitants, balades sonores où ils deviennent guides-conférenciers pendant les Journées du patrimoine, street album sur les lieux qui leur tiennent à cœur, éducation aux médias… Destinées en priorité aux habitants du logement social, ces initiatives peuvent aussi toucher un public plus large, au-delà des résidences concernées. Elles invitent à interroger le rôle du bailleur comme acteur culturel urbain, les ressorts et enjeux des projets menés à différentes échelles et, enfin, la participation des habitants. 

Les bailleurs et la culture : une action croissante mais aujourd’hui contrastée

Des « politiques culturelles privées Dans un autre contexte, l’expression est utilisée par les auteurs de : Une politique culturelle privée en France : les nouveaux commanditaires de la Fondation de France (1991-2004), L. Michel, D. Yaouanc, E. Négrier, Paris, L’Harmattan, 2006. » soutenues par les acteurs publics

La relation de plus en plus étroite entre bailleurs sociaux et culture en France s’inscrit d’abord dans les transformations du secteur HLM au cours des dernières décennies ainsi que dans le développement de la politique de la ville. Les missions des bailleurs se sont progressivement élargies aux questions de cadre de vie, d’aménagement et, dans certains cas, à des interventions artistiques ou socioculturelles, dans un contexte marqué par les politiques de renouvellement urbain, notamment le Nouveau programme national de renouvellement urbain 2014-2030 Le Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU, 2014-2030) concerne 448 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et prévoit des rénovations et démolitions de barres d’immeubles, des aménagements d’espaces publics et de nouveaux équipements.. Les processus de rénovation/réhabilitation/démolition s’assortissent ainsi de plus en plus souvent de projets culturels pensés pour accompagner les habitants face à ces transformations. Le rapprochement croissant entre bailleurs sociaux et culture s’explique également par une recherche toujours accrue de coopération de la part de l’État et d’autres collectivités avec les opérateurs de logements sociaux en matière de culture. Sur le territoire francilien, les liens entre la Drac Île-de-France et l’AORIF-Union sociale pour l’habitat d’Île-de-France se sont ainsi formalisés en 2021 par la signature d’un accord-cadre en faveur du développement de l’accès à la culture pour les habitants des quartiers d’habitat social. Cependant, l’action culturelle des bailleurs demeure un phénomène hétérogène : pleinement intégrée à la stratégie d’entreprise chez les uns Rappelons qu’il existe plusieurs familles d’organismes HLM, dont les deux principales sont les Offices publics de l’habitat (OPH) et les Entreprises sociales pour l’habitat (ESH), branche privée du secteur. Depuis au moins les années 1980, les contraintes institutionnelles pesant sur l’ensemble des bailleurs les ont conduits à moderniser leur gestion et à se concevoir comme de véritables « entreprises » ; cette formule nous semble ainsi pertinente indépendamment du statut public ou privé des organismes., la culture reste un champ d’action marginal chez les autres. 

Pour leurs projets culturels, les bailleurs peuvent avoir recours à plusieurs sources de financements privés et publics. L’abattement de la Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) dans les quartiers prioritaires se révèle une ressource déterminante. Certains bailleurs particulièrement volontaristes mobilisent aussi leurs fonds propres, s’appuient sur du mécénat ou le soutien de fondations privées (parfois liées à l’entreprise). D’autres s’associent à des projets culturels interbailleurs. Ils peuvent également bénéficier de fonds provenant de fédérations d’organismes HLM tel que le Fonds pour l’innovation sociale (FIS) de la Fédération des Entreprises sociales pour l’habitat (ESH).

Les bailleurs bénéficient par ailleurs de soutiens publics émanant des collectivités territoriales ou de l’État, notamment dans le cadre des financements dédiés aux volets culturels de la politique de la ville. Nombre de projets culturels portés par les bailleurs franciliens s’appuient ainsi sur les financements de la Drac Île-de-France consacrés aux QPV, ou s’inscrivent dans d’autres dispositifs de soutien ne reposant pas nécessairement sur une aide financière directe (telle que la charte « 1 immeuble, 1 œuvre »).  Dans ce contexte où le financement des projets culturels repose fréquemment sur l’articulation de plusieurs leviers et dispositifs, certains collectifs artistiques impliqués dans les projets mobilisent également des ressources de leur côté (dans le cadre de l’éducation artistique et culturelle par exemple), finançant ainsi indirectement l’action culturelle du bailleur. Enfin, les partenariats avec de grandes institutions culturelles apportent également des contributions, sans oublier celles des collectivités territoriales (mise à disposition de personnels d’équipements publics, prêts de salles, etc.). 

Du pied d’immeuble au quartier : des actions culturelles multiscalaires

Les actions culturelles menées par les bailleurs les plus actifs présentent une grande diversité : elles vont de formes d’animation ponctuelle à des projets plus pérennes – comme la création de fresques, sculptures et mobilier visant à marquer durablement les résidences d’habitat social ou l’espace public – en passant par des résidences d’artistes et des ateliers de pratiques artistiques. Les festivals constituent une autre modalité, à l’exemple de Regard neuf 3, impulsé par les organismes HLM de Seine-Saint-Denis et coordonné par l’AORIF depuis 2019 et du festival Au-delà des toits, organisé par Toit et Joie – Poste Habitat depuis 2018.

Certains bailleurs dépassent le simple rôle d’animateur culturel de leur parc résidentiel pour se positionner comme de véritables acteurs culturels dans les quartiers populaires.

Les actions des bailleurs peuvent se dérouler au sein des résidences d’habitat social, en pied d’immeuble voire ponctuellement au domicile des habitants. Elles investissent aussi fréquemment les espaces publics du quartier (projet d’urbanisme culturel). Certaines se déploient également dans des lieux partenaires tels que des maisons de quartier, des centres sociaux ou des établissements scolaires. C’est le cas, par exemple, du projet interbailleurs (Toit et Joie, Antin) « Ici – Regards sur le paysage » qui impliquait deux résidences d’habitat (dont l’une en voie de réhabilitation), un collectif d’urbanisme culturel, une compagnie artistique, un centre socioculturel, un lycée et une médiathèque. Pendant plusieurs mois, les artistes ont rencontré les habitants et arpenté la Plaine de Neauphle à Trappes, appareil photo argentique et enregistreur en main, afin de produire une mise en récit photographique sur le lien entre histoire intime et espaces du quotidien. 

Ces différentes formes d’intervention montrent que certains bailleurs dépassent le simple rôle d’animateur culturel de leur parc résidentiel pour se positionner comme de véritables acteurs culturels dans les quartiers populaires, à l’exemple de Toit et Joie – Poste Habitat qui mène chaque année une vingtaine à une trentaine de projets culturels. La territorialisation de ces actions à des échelles variables révèle cependant des stratégies différenciées. Elle met aussi en évidence les capacités inégales des bailleurs à mobiliser les réseaux politiques, culturels et sociaux locaux ainsi qu’à construire des collaborations avec les acteurs des territoires.

Une pluralité d’enjeux de mobilisation de l’art et de la culture par les bailleurs sociaux  

Les différents enjeux qui amènent les bailleurs à la mise en place d’actions culturelles comprennent tant des objectifs de gestion sociale des transformations du cadre bâti, que de revalorisation des résidences, de démocratisation culturelle ou encore d’apaisement des conflits et de prévention des incivilités. L’action culturelle des organismes peut ainsi être qualifiée d’hybride dans la mesure où elle articule les grands principes des politiques culturelles publiques, des objectifs propres au secteur HLM voire, dans certains cas, ceux d’une culture d’entreprise affirmée (Toit et Joie – Poste Habitat, Emmaüs Habitat…).

Favoriser l’accès à la culture et la cohésion sociale

Parmi les grands objectifs assignés aux actions culturelles, l’accès à la culture est particulièrement mis en avant. Les notions de démocratisation – et parfois de démocratie culturelle – comptent parmi les principaux moteurs pour les bailleurs, qui ciblent des habitants souvent perçus comme « éloignés de l’offre culturelle AORIF, Drac Île-de-France, Art et culture dans les quartiers d’habitat social. Exemples d’actions menées en Île-de-France, 2023, https://www.aorif.org/wp-content/uploads/2023/09/DRAC-AORIF_MAGAZINE.pdf. ». Cet objectif structure leur dialogue avec les institutions culturelles, notamment les services de l’État. Comme l’explique un représentant d’un bailleur, « on est convaincu que c’est quelque chose qui permet l’accompagnement positif des familles, même leur valorisation, parce que souvent on a des publics qui ne s’autorisent pas cet accès à la culture, qui pensent que ce n’est pas pour eux ; on se fait fort de casser cette représentation ». Cela inclut l’accès aux grands établissements culturels ainsi qu’aux pratiques culturelles et à l’éducation artistique et culturelle. Certains bailleurs sont, par exemple, impliqués dans des projets d’éducation musicale et font appel à des dispositifs comme Démos Démos est un projet visant à démocratiser la musique classique auprès d’un public d’enfants par la création d’orchestres dans des quartiers relevant de la politique de la ville (QPV) ou dans des zones de revitalisation rurale (ZRR) éloignées des lieux de pratique. Ces orchestres sont copilotés par la Philharmonie de Paris et divers opérateurs culturels locaux (cf. https://demos.philharmoniedeparis.fr/les-orchestres-demos.aspx)..

La cohésion sociale et le retissage des liens sociaux sont évoqués de manière récurrente comme un objectif central des projets culturels et artistiques des bailleurs. Il peut s’agir de renforcer les liens entre habitants d’une même résidence ou de créer des interactions entre locataires de différents bailleurs, notamment dans le cadre des projets interbailleurs. On peut citer, à titre d’exemple, ce qui a été mené durant deux ans à Massy avec les seniors de plusieurs résidences d’habitat social de la ville (Erigère, Logirep, Toit et Joie) : ateliers d’écriture, séance photo et vidéo sur le thème des années 1980… le projet « Être aîné » a donné lieu à une exposition et une lecture chorale des textes produits pour engager une réflexion sur la place des personnes âgées dans la société. Ces initiatives visent à lutter contre l’isolement et le repli, à encourager les échanges entre habitants et à favoriser la rencontre avec les artistes ou d’autres intervenants engagés dans les projets. L’enjeu de la cohésion sociale est aussi envisagé comme un outil de gestion pour les bailleurs, afin de prévenir ou apaiser les conflits de voisinage. La dimension participative fréquemment évoquée suppose que les projets soient coconstruits avec les habitants et reposent sur des stratégies et des relais locaux favorisant leur implication effective.

Revaloriser l’image des résidences et accompagner les transformations urbaines

La revalorisation de l’image des résidences et de leurs environnements est un axe majeur des actions culturelles des bailleurs. Le but est d’améliorer le regard porté sur les quartiers de la politique de la ville et sur des territoires plus vastes souffrant de représentations négatives. C’est ce qu’illustre par exemple la création du festival Regard neuf 3 : « On voulait changer le regard de la population sur le 93 » (Représentant d’un bailleur). Or, ces ambitions rencontrent des limites, telle que « la capacité à ouvrir les publics et les univers. Le festival a beaucoup de mal à attirer des publics qui ne sont pas des habitants du parc social de Seine-Saint-Denis. Alors que c’était une ambition au départ… changer l’image. »(Représentant d’un réseau de bailleurs). Les enjeux d’image occupent une place centrale, notamment en ce qui concerne celle des bailleurs eux-mêmes. Des initiatives comme l’organisation d’un festival, la réalisation d’une fresque ou l’inauguration d’une sculpture monumentale s’avèrent ainsi de puissants leviers pour changer les représentations sociales autour des bailleurs, contribuant à construire une image positive de leur présence dans le quartier et la ville. Il s’agit aussi de valoriser le patrimoine des organismes HLM, par exemple à travers des résidences-logements d’artistes ou des projets artistiques révélant les qualités architecturales des lieux ou leur histoire. 

Les transformations liées aux opérations de renouvellement urbain impliquant la démolition de résidences sont souvent à l’origine de projets culturels et artistiques dits d’« accompagnement », conçus pour suivre les temporalités des interventions sur le bâti. À l’égard des habitants, ces enjeux comprennent la gestion de l’attente (des travaux notamment), le bouleversement des repères quotidiens et, dans de nombreux cas, l’incertitude quant à leurs conditions de relogement Comme le rappelle le guide de capitalisation publié par l’APES en 2024, « les projets de transformation urbaine et patrimoniale impactent les quartiers et leurs habitants sur un temps long. […] Dans ces contextes particuliers, la mise en place d’une approche culturelle en complémentarité des projets urbains et patrimoniaux peut donc permettre de gérer l’attente créée par l’annonce du projet et de préfigurer certains usages afin d’assurer la pérennité des futurs investissements. » (APES, Projets artistiques et culturels développés sur le patrimoine des filiales d’Action Logement, guide de capitalisation, 2024, p. 5).. Ces projets, aux formats variés, entendent parfois aussi « valoriser et mobiliser la mémoire et le quotidien des locataires de la résidence, autour des thèmes de l’habitat et du parcours de vie AORIF, Drac Île-de-France, op. cit., p. 10. ». À L’Haÿ-les-Roses, cela a donné lieu à un ouvrage consacré aux récits de vie des locataires des Fauvettes (Toit et Joie). Dans cette résidence qui a longtemps hébergé des salariés des PTT, un photographe et un journaliste ont réalisé plusieurs portraits d’anciens postiers et d’habitants pour partager leurs parcours et visions des changements à venir. Qu’ils appartiennent au registre culturel ou qu’ils relèvent de la concertation, ces projets « mémoire » semblent très répandus dans ce type de contexte, y compris lorsque les opérations se déploient à plus petite échelle (travaux de réhabilitation ne prévoyant pas de démolition). 

Contrôler les incivilités : la culture comme outil de pacification sociale ?

Enfin, le contrôle des incivilités apparaît également comme une préoccupation motivant l’action culturelle des bailleurs. La culture est envisagée comme un moyen de renforcer, d’apaiser ou de renouer des relations parfois fragiles ou conflictuelles avec et entre les locataires. Cet objectif se combine généralement avec ceux de cohésion sociale, d’amélioration du cadre de vie et d’attractivité résidentielle, celle-ci pouvant être compromise par un cadre bâti dégradé. Les projets visent ainsi à contrer les tags, les dégradations des parties communes, les nuisances ou les squats : « Sur un mur où il y a plein de graffitis, quand il y a un projet artistique fait avec des habitants et en les impliquant, automatiquement ce mur va être plus respecté après. » (Représentant d’un bailleur).

Cet enjeu est par ailleurs très présent dans la manière dont l’action culturelle des bailleurs peut être perçue par certains représentants de l’État sur le territoire, notamment lorsque ces actions se focalisent sur les QPV.

La participation habitante : principe guide et défi de l’action culturelle des bailleurs

La participation des habitants constitue un principe qui oriente l’action culturelle des bailleurs, tout en cristallisant les principaux défis propres à ces interventions. Ces derniers sont étroitement liés aux contextes sociospatiaux et urbains dans lesquels les projets prennent place.

Qu’il s’agisse de collecter des récits de vie, de créer une œuvre collective ou de coconstruire une performance dansée, musicale ou théâtrale, les dispositifs conçus par les artistes et les opérateurs culturels impliqués relèvent d’approches variées : projets culturels « de territoire », arts participatifs ou encore urbanisme culturel. Si l’enquête pour le bailleur Toit et Joie révèle que ces projets offrent des espaces d’attention, d’écoute et d’expression souvent très appréciés par les participants, elle souligne également la difficulté récurrente à mobiliser les habitants : « On peut faire des actions où il y a juste trois participants, et des actions où il y en a 300 à 400 en pied d’immeuble. […] Aujourd’hui, sur une résidence où on intervient depuis plusieurs années, c’est plus facile pour nous de mobiliser » (Représentant d’un bailleur).

La participation des habitants constitue un principe qui oriente l’action culturelle des bailleurs, tout en cristallisant les principaux défis propres à ces interventions.

Menée sur un échantillon de projets portés par Toit et Joie, cette enquête a mis au jour divers facteurs susceptibles de freiner cette participation. Outre ceux liés à l’âge (les « jeunes actifs » sont plus difficiles à intéresser), les tensionscaractérisant les relations locatives apparaissent comme un autre élément d’explication, indépendamment des caractéristiques propres aux projets. La participation peut être envisagée de manière stratégique par les habitants afin d’obtenir un traitement favorable de la part du bailleur ou, inversement, la non-implication peut être un moyen d’exprimer un mécontentement à son égard. Certains acteurs culturels et artistiques évoquent des formes d’empêchement liées aux caractéristiques sociologiques des résidences et quartiers concernés par les projets, des situations de précarité tant matérielle que relationnelle (pauvreté, illettrisme, faiblesse des liens de voisinage, repli domestique). Cela inclut également la distance géographique séparant certains quartiers d’habitat social des locaux des collectifs culturels et artistiques ainsi que du siège du bailleur, rendant plus difficile une présence régulière des équipes intervenantes sur place.

Enfin, dans certains cas, le décalage ressenti entre les propositions artistiques et créatives mises en place et les besoins et souhaits des habitants peut être un facteur de non-participation.  L’entrée par les droits culturels pourrait constituer une clé pour repenser la question de la participation et la portée transformatrice de ces actions.  

Conclusion

L’implication de certains bailleurs investis dans les activités culturelles au sein des quartiers d’habitat social dépasse aujourd’hui la simple organisation d’événements ponctuels. Elle s’inscrit dans une démarche plus large visant à favoriser la cohésion sociale, à améliorer le cadre de vie et à renforcer les liens entre les organismes et les habitants. Ainsi, certains bailleurs deviennent des acteurs clés du développement culturel à l’échelle locale, en cherchant à rassembler partenaires institutionnels, associations et habitants autour de projets aux formats variés. Cependant, le succès de ces initiatives demeure largement tributaire de la participation des locataires et des populations des territoires concernés, laquelle dépend à son tour de la prise en compte de leurs attentes, contraintes et réalités quotidiennes. Véritable défi pour les organismes engagés dans ces démarches, l’intégration de ces dimensions dans la durée et non exclusivement pendant le temps du projet culturel, apparaît indispensable à la participation active des habitants des quartiers où se déploient ces interventions.